Marie-Josée Turcotte

Médaillée d'or en saut en hauteur à l'âge de 14 ans en août 1971

Lors de la première Finale des Jeux du Québec à Rivière-du-Loup en 1971, une jeune Montréalaise longiligne a remporté la médaille d’or à l’épreuve de saut en hauteur. La photo où elle semble léviter au-dessus de la barre horizontale est parue dans les pages du Devoir et de La Presse. Tous les espoirs étaient alors permis pour l’athlète de 14 ans, qui rêvait de participer aux Jeux olympiques de Montréal en 1976.

Marie-José Turcotte n’a finalement jamais sauté haut sous les anneaux, ayant abandonné son sport quelques années plus tard. Elle a néanmoins participé à 15 Jeux olympiques, sans culottes courtes ni record à battre. Cet été, la cheffe d’antenne d’ICI Radio-Canada Télé couvrira ses seizièmes Olympiades.

« J’ai tellement rêvé de la vivre que l’expérience olympique a été aussi gratifiante pour moi en tant que journaliste qu’elle l’aurait été comme athlète. Mes rêves ont seulement changé en cours de route », explique celle qui animera ses émissions de soirée en direct du studio de Montréal, COVID oblige.

Liberté !

Être sélectionnée pour la première Finale de l’histoire des Jeux du Québec était une grande fierté, se rappelle la journaliste sportive. « C’était immensément important pour nous. Malgré notre jeune âge, nous avions conscience de prendre part à un événement historique. Pendant qu’on voyait le Stade olympique se construire, nous avions la chance de prendre part à de mini-JO. C’était spécial. »

Cinquante ans plus tard, Marie-José Turcotte conserve quelques souvenirs de la pluvieuse cérémonie d’ouverture, mais peu de sa performance époustouflante sur la piste d’athlétisme, où elle a livré la meilleure performance canadienne de l’année dans son groupe d’âge. « Je me souviens surtout de l’excitation que nous avions de partir à cinq heures de route en autobus scolaire, sans nos parents. Nous nous sentions libres pour la première fois de notre vie!  Un soir, nous nous étions d’ailleurs éclipsées, après le couvre-feu, pour aller rigoler au cimetière à côté. Cette parcelle d’indépendance fait partie intégrante de l’expérience des Jeux du Québec, qui sont très importants dans la pyramide de développement du sport au Québec. »

Selon elle, les Jeux du Québec donnent un but concret aux jeunes athlètes, en plus de leur faire vivre une compétition dans le plaisir. « C’est un événement presque initiatique dans la vie d’un adolescent. Quand il trouve une passion dans le sport, le jeune définit son identité et accélère son processus vers l’autonomie. Pour ma part, je peux dire que le sport m’a sauvé la vie. J’étais une grande maigre, très timide, qui marchait le dos rond. Quand j’ai pu canaliser mes émotions dans une activité où j’étais bonne, je me suis révélée à moi-même. »

Le bel héritage du sport

Après avoir fait partie de l’équipe nationale junior d’athlétisme, la native de Windsor a abandonné le sport pour se consacrer à ses études universitaires en histoire, dans l’espoir de devenir correspondante à l’étranger. Elle a plutôt fait son entrée au service des sports de la société d’État, il y a presque 40 ans, pour ne plus jamais en sortir.

Cette adepte de randonnée en montagne, qui se décrit comme « une bougeuse », n’a pas tout effacé de son passé d’athlète. Cette professionnelle de l’information, récipiendaire de l’Ordre du Canada, utilise encore des trucs de psychologie sportive, dont une technique de visualisation qu’elle pratique pour se calmer le pompon avant de décrire une cérémonie d’ouverture pour des milliers de téléspectateurs québécois. « C’est un des héritages que m’a laissé le sport. La pugnacité, qui me pousse à prendre tous les moyens pour atteindre mes buts, aussi. »

On la regardera vivre son rêve, pour une 16e fois, dès que la flamme s’allumera dans le Stade olympique de Tokyo, le 23 juillet prochain.

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